Le piège du développement personnel : copier les routines des riches ne fonctionne pas

Pourquoi copier les routines matinales des entrepreneurs célèbres ne vous mène-t-il pas aux mêmes résultats ? Dans cet article, nous allons briser le mythe de la réussite facile en révélant ce que les mentors oublient souvent de mentionner : la différence fondamentale entre les outils pour maintenir son succès et ceux nécessaires pour l'atteindre quand on part de zéro. Loin des conseils lissés sur l'équilibre et la sérénité, découvrez la réalité du succès faite de doutes, d'obsession et de persévérance brute.


Je veux le raccourci.

Montre-moi ce qu'elle a fait pour atteindre de tels niveaux de maîtrise, d'expertise, d'efficacité, d'équilibre, de bonheur.

Dans le monde du développement personnel, on accorde une attention presque obsessionnelle aux conseils des personnes qui ont "réussi" selon nos critères.

On écoute leurs interviews, leurs podcasts. On lit leurs livres. On boit leurs paroles à la recherche de la suite d'instructions, de la recette qui explique leurs succès.

On imite leurs routines matinales, leurs habitudes alimentaires, leur complément alimentaire pour mieux dormir, on adopte leur vision du monde.

Et pourtant, y a un truc qu'on n'a fondamentalement pas bien compris ici.

Athlètes en plein sprint représentant la course vers le succès


L'erreur de copier la vie actuelle des entrepreneurs à succès

Voici le piège, les amis.

Quand on demande à une personne très accomplie d'expliquer comment elle est arrivée là où elle est, elle vous répondra en décrivant sa vie d'aujourd’hui. Elle parle d’équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle, de l’importance d'un sommeil réparateur (au moins 8 h attention !), de faire des pauses pour marcher pieds nus dans l'herbe, de faire du yoga, de travailler avec grâce et fluidité, de surmonter la peur de l'échec, le syndrome de l'imposteur.

OK, c'est beau, c'est inspirant, ça donne envie. Je veux la même à la maison !

Mais ce ne sont pas ces attitudes-là qui l'ont menée au succès.

Elle ne vous dit pas comment elle en a bavé pendant des années. Qu'elle a été plusieurs fois dans des situations de découragement total, d'épuisement intense. Qu'elle a voulu tout foutre en l'air et retourner faire de l'intérim, parce qu'au moins, le soir, c'est fini pour quelques heures. Qu'elle a bouffé des sandwichs avec du vieux jambon sur du vieux pain de mie avec du beurre un peu rance pendant qu'elle bossait jusqu'à 4 h du mat pour lancer le projet avec 6 mois de retard.

Ces personnes ne le font pas exprès, car ils baignent aujourd'hui dans un équilibre bien mérité. Enfin, ceux qui ont trouvé l'équilibre, hein, car certains ont peur de perdre le "premier million". En tout cas, ils confondent les outils qui les ont aidés à maintenir leur réussite avec ceux qui leur ont permis de l’atteindre.

C'est pas pareil.

Les stratégies qui fonctionnent quand on est déjà en haut de l'échelle ne sont pas les mêmes que celles nécessaires quand on démarre de zéro.

C’est aussi, tout simplement, un échec de mémoire. Ces personnes oublient ce qu’elles ont réellement traversé pour en arriver là. L'amnésie sélective a une utilité, nous protéger contre le traumatisant. Mais du coup, elles vous donnent une fausse image de leur parcours et nous font ressentir, tout simplement, inadéquates.


Le travail acharné et les sacrifices : la face cachée de la réussite

Quand on gratte un peu, que voit-on ? Qu'ils ont travaillé 7 jours sur 7, 12 heures par jour. Qu'ils ont été obsédés par leurs projets pendant des années, parfois au détriment du reste. Qu'ils ont parfois négligé celles et ceux qu'ils aiment. C'est pas super sexy. Je le sais, je l'ai vécu.

Qu'ils ont été porté par un besoin viscéral de prouver qu'ils avaient de la valeur, de faire mentir ceux qui n’avaient pas cru en eux.

Mais il n'y a pas que ça, loin de là. Car on pourrait penser qu'ils ont réussi malgré les autres, malgré le système. Non, ils ont surtout réussi pour eux, car ils croyaient fermement en leur projet. Alors, ils ont tout donné, tout envoyé. Équilibre ? On se marre. Ça viendra après.

Je ne suis pas en train de dire que l’obsession, la hargne, un peu de rage sont des moteurs sains sur le long terme. Ils ne le sont pas. On se détruit si on continue sur ce chemin. Mais ce sont, pour beaucoup, des ressorts puissants qui permettent de démarrer, de tenir, de persévérer, quand on n’a ni argent, ni réseau, ni reconnaissance.


La vraie question

Au lieu de demander : que fait cette personne aujourd’hui pour entretenir son succès ?

On devrait demander : que faisait-elle lorsqu'elle était à mon stade actuel, quand elle n’avait rien ou presque, quand elle se prenait râteau après râteau ?

Que faisait-elle pour tenir ? Pour continuer de croire en son projet ?

Les réponses que vous obtiendrez ne seront peut-être pas très belles selon les canons du développement personnel actuel. Mais elles seront réalistes. Et vous vous sentirez tout de suite un peu moins seul.

Il est facile de réécrire son histoire une fois que l'on est arrivé. Mais cela ne doit pas faire oublier les méandres du récit. C'est notre devoir de parler de ces méandres à celles et ceux qui sont quelques pas derrière et font face à une montagne de doutes.

Vivre de son projet, vouloir une vie “sereine” avant d’avoir surmonté les défis de l'année 1, année 2, année 8, année 12... C’est comme vouloir passer la ligne d'arrivée sans avoir participé au marathon. Impossible.

Alors, oui, développez la douceur, l’équilibre, la présence. Mais ne culpabilisez pas si, aujourd’hui, ce qui vous pousse encore en avant, c’est l’urgence, le feu, la colère ou le doute. Vous allez mûrir, vous aussi.

Vous n’êtes pas défectueux, vous êtes juste en route.


Et vous, quel moteur vous pousse aujourd'hui ? Le calme ou le feu ? Dites-le moi en commentaire.

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